Logiciels libres et enseignement

Favoriser l’usage de logiciels libres et de formats ouverts

- Auteur : L’équipe des développeurs de LyX

  • Licence : GPL
  • Langue : Français
  • Environnement requis : Linux : LaTeX, QT / KDE
  • Site web : http://www.lyx.org/ (en anglais)
  • Version testée : 1.1.4fix3

Présentation générale :

LyX permet d’écrire des documents, des plus simples (de une à quelques pages, comme des lettres, des articles, des transparents) aux plus élaborés (avec index, table des matières, chapitres comme pour des rapports ou des livres). LyX est né de la combinaison de la puissance de l’approche du logiciel TeX/LaTeX avec la convivialité d’une interface entièrement graphique utilisable à la souris. Pour bien comprendre l’intérêt de LyX il est indispensable de préciser quelques points.

Qu’est-ce que TeX/LaTeX ?

Avec TeX et LaTeX, pour créer un document, on effectue simultanément les deux opérations suivantes dans un éditeur de textes :

  • Saisie du texte proprement dit (exemple : Exercices de révision)
  • Saisie également de la balise qui indique la nature du texte saisi (exemple : titre du document).

Les balises définissent les propriétés du document, sa structuration (partie, sous-partie, etc.). Ainsi, un fichier créé avec TeX ou LaTeX est un fichier texte dans lequel se trouve à la fois le contenu souhaité et les balises.

Les fichiers .tex, .dvi et .ps

Ce fichier enregistré au format .tex doit alors être compilé, avec TeX ou LaTeX selon le cas, ce qui conduit à la création d’un fichier au format dvi. Dvi signifie DeVice Independant : indépendant à la fois de la plate forme et du support de sortie. Cela signifie que ce fichier est utilisable sans tenir compte de l’imprimante par exemple, et sans modification du rendu, dès lors que toutes les polices de caractères sont installées. Le cas échéant, les polices manquantes seront créées à la volée par le système, car l’installation par défaut de TeX comprend un grand nombre de fichiers sources des polices. Pour voir à l’écran exactement ce que donnera l’impression, on lance simplement la commande xdvi fichier.dvi. Pour imprimer le fichier, on peut lancer la commande dvips pour créer un fichier au format PostScript. Ce format créé par la société Adobe est celui qu’emploient les imprimeurs. Il est d’excellente qualité et peut ête considéré comme une norme. Un fichier PostScript sera imprimé directement par les imprimantes connaissant ce langage. Pour les autres, le programme Ghostscript, présent sur toute installation linux (et installable sur un Mac ou un PC) permet de convertir un fichier PostScript en un document compréhensible par votre imprimante. GhostScript connait un nombre invraisembable d’imprimantes et de normes, y compris par exemple le format des fax ou le format PDF (voir plus bas) et le format... PostScript. Cette dernière option peut être utile à qui veut créer à partir d’un document PostScript en caractères exotiques, comme le chinois ou le japonais, un nouveau document PostScript ayant les idéogrammes nécessaires directement codés dans le fichier. Cette option de Ghostscript rend caduque la nécessité de posséder une imprimante japonaise en Europe. A partir d’un fichier .tex ou .ps, on peut même engendrer en une commande (ps2pdf) le fichier au format PDF, bien que cette commande soit en réalité un petit programme de quelques lignes faisant appel... au programme Ghostscript. On peut aussi convertir les fichiers .tex au format HTML avec le programme latex2html, hevea ou tex4ht. Par ailleurs, mais cela dépasse le strict cadre de LyX, le programme pdftex est un jumeau de TeX, à ceci près qu’il engendre directement le fichier pdf sans passer par les intermédiaires dvi et ps, et comprend aussi certaines commandes qui permettent de placer des hyperliens au sein du document.

Et avec LyX ?

Avec LyX certains aspects peu conviviaux de TeX/LaTeX disparaissent :

  • On se trouve dans une interface graphique, avec boutons, icones, menus et gestion à la souris.
  • On n’a à saisir que le texte, et non les balises.
  • On sélectionne à la souris le texte et on lui attribue à la souris sa nature dans une liste.
  • On visualise immédiatement le résultat sans compiler.
  • On imprime directement sans avoir à compiler. C’est LyX qui va attribuer les balises « en coulisses », et avec LyX on garde la puissance du format dvi, PostScript ou TeX.

Mentionnons enfin l’existence du logiciel TeXmacs, bien plus puissant et convivial que LyX, et qui est bien plus qu’une interface graphique au dessus de LaTeX en particulier parce qu’il intègre une interface pour des logiciels mathématiques.

Pourquoi utiliser LyX ou TeXmacs plutôt que Word, WordPro, WordPerfect et autre traitement de textes de StarOffice ?

Précisons tout d’abord qu’il y a incompatibilité entre les formats utilisés par LyX et ceux des traitements de textes « habituels ». Parmi les traitements de texte habituels, il semble que seul Abiword offre la possibilité d’exporter un fichier au format LaTeX. Plus qu’un traitement de texte, LyX est en fait un générateur de documents, car il procède de façon totalement différente des autres logiciels. Avec LyX on ne se consacre qu’au contenu et à la structure du document (titre, partie, sous-partie, équation, etc.) sans se soucier de sa mise en forme : la mise en page est faite automatiquement par LyX, en fonction des attributs indiqués. La numérotation des pages, des parties, des notes de bas de page, des renvois, tout est fait automatiquement. De par son principe, LyX garantit la cohérence des éléments de présentation (les passages déclarés par exemple comme des titres de parties seront toujours présentés de la même façon tout au long du document sans que le rédacteur n’ait à s’en soucier) avec une souplesse permanente : changer les attributs ou l’ordre des éléments ne pose pas de difficulté, car c’est le logiciel qui se charge de la mise en forme.

Exemple d’usage pédagogique :

Objectifs : Cette partie donne un cas concret de création d’un document pour une classe en sciences (maths et/ou physique) : elle explique comment faire et illustre les avantages de LyX. On souhaite écrire une page avec une série d’exercices.

Déroulement : Lancer LyX, puis créer un nouveau fichier (Menu Fichier). Vous lui donnez un nom et l’enregistrez, puis vous pouvez commencer à saisir. On peut choisir un autre type de document que celui prévu par défaut (soit article) : chaque type de document (article, book, letter, report, slides) a ses règles de mise en page, qui sont modifiables. Le tout est dans le menu « Format » puis « Document... ». Après avoir tapé ce qui sera le titre de document (« Exercices de révision »), vous le surlignez et choisissez alors à la souris « Title » comme attribut. Vous visualisez immédiatement votre passage avec la présentation d’un titre (centré et en gras).

lyx.jpg

Vous tapez ensuite « Notation des exercices : chaque exercice est noté sur 5 points. », surlignez, choisissez « Standard » et le mot apparait sans présentation particulière.

Il est impossible d’avoir des lignes vides avec LyX : appuyer plusieurs fois sur la touche Entrée ne provoquera pas des sauts de ligne avec « l’aération » du document que l’on a l’habitude de faire. C’est le logiciel qui se chargera de cela. De même, si vous entrez des espaces consécutives, vous verrez que le curseur restera obstinément à la même place.

Tapez ensuite « Equation du premier degré » et vous lui attribuez « Section » : la présentation change, et la numérotation apparait (un 1 précède le titre). Tapez « Résoudre : », surlignez, choisissez « Standard » puis nous allons passer à la partie mathématique du document avec l’équation proprement dite : cliquez sur « Mathématiques » puis choississez « Mode mathématique ». Refaites « Mathématiques » et prenez cette fois-ci « Palette mathématique ». Vous êtes maintenant dans le mode mathématique et vous disposez des outils pour écrire les signes mathématiques voulus : les icônes fraction, racine carrée, lettres grecques, fonctions... permettent de mettre en place à la souris les éléments souhaités.

Ainsi ici, vous complétez la fraction avec « 4/5 » puis « x+25=9x » (sans espace). Tout ceci apparait en bleu car vous êtes en mode mathématique. Tapez sur la touche Esc/Echap pour quitter ce mode.

Vous remarquerez que LyX se charge des espacements et des dispositions des caractères.

Allez à la ligne et tapez « Equation du second degré », attribuez « Section » : la présentation change, et la numérotation apparait (un 2 précède le titre). Allez à la ligne, saisisez « Tracez la courbe : » puis rentrez dans le mode mathématique et saisissez « y=7x » puis menu « Mathématique » et « Puissance » puis mettre 2. Continuez avec « +2x-4 » et enfin sortez du mode mathématique. Allez à la ligne et tapez « Inégalité », attribuez « Section » : la présentation change, et la numérotation apparait (un 3 précède le titre).

Allez à la ligne, saissisez « Résoudre : » puis mode mathématique, avec cette fois une racine carrée et un signe inférieur ou égal (utilisez la palette mathématique dans chaque cas).

La palette mathématique permet d’avoir rapidement à la souris les symboles souhaités : matrices, symboles particuliers, fonctions, etc.

Allez à la ligne et tapez « Formule à compléter », attribuez « Section » : la présentation change, et la numérotation apparait (un 4 précède le titre). Ici, on utilise les fonctions sinus et cosinus avec les parenthèses.

On enregistre le document à la souris et on peut l’imprimer directement. On peut visualiser ce que l’impression donnera (quelle que soit l’imprimante utilisée) dans le menu « Fichier » puis « Visualiser DVI » ou « Visualier PostScript ». Il est aussi possible d’exporter le fichier au format LaTeX (.tex) ou ASCII (.txt).

Documentation :

Pour ceux qui veulent en savoir plus, le logiciel comprend une documentation. Dans le menu Aide on trouve :

  • Une introduction à LyX en français
  • Un manuel d’apprentissage détaillé en français également.

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