Logiciels libres et enseignement

Favoriser l’usage de logiciels libres et de formats ouverts

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Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

mardi 30 mars 2004

Qu’est-ce qu’un logiciel libre ?

Un logiciel libre est un logiciel dont on possède le code source, et dont la licence permet la libre rediffusion de ces sources éventuellement modifiées. Le simple accès au code source ne suffit pas pour qu’un logiciel puisse être dit « libre », et la gratuité n’a rien à voir avec la liberté. Ainsi, un logiciel libre n’est pas un graticiel ou partagiciel (freeware ou shareware en anglais), et un logiciel dont le code source est disponible n’est pas forcément libre.

Le code source d’un logiciel est un ensemble de fichiers lisibles par un être humain connaissant le langage de programmation dans lequel le logiciel est écrit. Il n’est bien souvent pas utilisable par un ordinateur, mais requiert une étape de compilation qui le transforme en fichier binaire, non lisible par un humain mais exécutable par une machine, et permettant donc d’utiliser un produit fini. Sous forme binaire, compilée, on ne peut plus comprendre comment fonctionne le logiciel, ni le modifier.

Les licences des logiciels libres peuvent être assez nombreuses, la plus célèbre d’entre elles est la Licence Publique Générale, ou GPL. La Free Software Foundation propose une définition très complète de la notion de logiciel libre.

Peut-être est il bon de rappeler qu’aux débuts de l’informatique, la notion de logiciel propriétaire, qu’on a simplement le droit d’éxécuter mais en aucun cas d’étudier, de modifier ou de partager librement, n’existait pas. Tout le travail de la Free Software Foundation, depuis 1984, sous l’égide de son fondateur Richard Stallman, a consisté à promouvoir l’informatique libre. Le noyau linux, au coeur du système d’exploitation GNU/Linux, est l’exemple le plus connu de cette démarche. Il permet de faire fonctionner l’ensemble des outils GNU développés par la FSF, comme par exemple le fait de taper ls ou more dans un terminal. D’ailleurs le shell Bash lui même, l’interpréteur de commandes, est un logiciel libre.

La grande majorité des programmes qui permettent le fonctionnement de l’Internet sont aussi des logiciels libres. Envoyer un courriel par exemple, ou taper le nom d’un site dans un navigateur, suppose l’utilisation de logiciels très majoritairement libres, même si l’utilisateur n’en est pas conscient. Ainsi peuvent exister des protocoles communs et des standards ouverts qui empêchent l’appropriation et la fermeture de ce qui est un bien commun.

Quel est l’intérêt du logiciel libre ?

Le logiciel libre offre trois niveaux réels de liberté, en plus du degré zéro offert par le logiciel propriétaire.

  • Degré zéro : la possibilité de lancer le logiciel.
  • Degré un : La liberté de modifier le logiciel pour l’adapter à ses besoins. L’accès au code source est requis.
  • Degré deux : La liberté de partager le logiciel avec autrui, ce qui est assimilé dans le monde du logiciel propriétaire à du piratage, conduisant à intégrer l’idée qu’il est mal d’aider autrui et de partager avec lui.
  • Degré trois : la liberté de distribuer une version modifiée du logiciel et d’en faire profiter tout le monde. L’accès au code source est requis.

Pourquoi le logiciel libre concerne-t-il le milieu enseignant ?

On répète volontiers que ce que savent faire les enseignants, c’est enseigner, qu’ils ne sont pas programmeurs et n’ont pas vocation à se transformer en informaticiens.

D’une part, les distributions grand public de GNU/Linux comprennnent des logiciels compilés et empaquetés facilement utilisables et des liens pointant vers leurs sources ; ces distributions récentes de GNU/Linux permettent à l’utilisateur de se passer de la ligne de commande pour bien des tâches sinon toutes.

Mais surtout, la libre disposition du code source permet à qui sait le faire de modifier un logiciel pour l’adapter à une demande ou un besoin. Ainsi les utilisateurs peuvent bien plus facilement communiquer avec les auteurs des logiciels libres, exprimer leurs attentes et leurs besoins, et faire part de leurs usages aux auteurs des logiciels qu’ils utilisent au quotidien, ce qui ne se produit pas, ou très rarement, avec des logiciels propriétaires dont les éditeurs font souvent payer toute assistance technique.

L’ouverture du code est aussi un gage de perenité, dans la mesure où il est possible à un programmeur de reprendre un logiciel abandonné par son auteur, comme cela se produit fréquemment (on trouvera souvent dans les notices la mention « mainteneur actuel » à coté de celle d’« auteur »).

La mission fondamentale de l’éducation est le partage et l’échange des connaissances, librement consenti et sans contrepartie financière. Cet idéal est à l’évidence bien mieux en phase avec les mécanismes du logiciel libre.

Les logiciels libres génerent des documents qui sont eux aussi dans des formats libres et ouverts, ce qui est essentiel pour la mise en commun des ressources au sein du système éducatif. Les logiciels propriétaires, au contraire, génèrent le plus souvent des documents dans des formats non pérennes, et souffrent de problèmes majeurs d’incompatibilité entre les différents environnements. Leur disponiblité dans le temps et dans l’espace n’est pas garantie.

Il faut aussi souligner la possibilité de tester des solutions logicielles multiples et ouvertes, sans la contrainte d’un achat préalable. Les ressources offertes par les sites Internet de logiciels libres sont de ce point de vue considérables.

En dernier lieu, soulignons le caractère très peu onéreux des logiciels libres, qui sont souvent gratuits.

Le dossier de l’EPI sur la question du libre en milieu scolaire peut être consulté ici.

Hilaire Fernandes, auteur de DR. Genius, rapporte les anecdotes suivantes :

"Pendant quelques temps, j’ai eu un contributeur de DrGenius qui avait 14-15 ans. Ca été l’occasion pour lui de :

1. Découvrir un logiciel de l’intérieur et même de contribuer au code de facon substantielle.

2. Avoir une idée de ce qu’est le developpement coopératif/collaboratif qui est un critère important dans le progrès de la civilisation humaine.

Si le logiciel n’est pas libre, ce n’est pas possible.

C’est ce que j’appelle le meta-enseignement : ce qui n’est pas dans les livres, ce que ne dit pas le professeur, mais qui est pourtant important.

Deuxième exemple, toujours avec DrGenius, j’avais fait il y a 6 mois un filtre pour exporter des figures géométriques en LaTeX. Suite a cela, un enseignant français m’a envoyé plusieurs patchs dont un qui, en se basant sur le filtre LaTeX, ajoutait un filtre d’exportation en EPS. Cela pour régler un probleme de l’enseignant qui voulait inclure les figures dans un document Star Office.

Troisième exemple, Georges Khaznadar, professeur français de physique, a créé un gros patch pour Grace de manière à internationaliser ce logiciel et le localiser en français. L’auteur ne l’a pas encore intégré pour diverses raisons, mais peu importe nous avons fait une distribution séparée sous la forme d’un rpm facile a installer (ce n’est pas incompatible) car la licence nous y autorise".

Yves Potin, enseignant dans l’Éducation Nationale, rapporte l’anecdote suivante :

"Un logiciel permet la visualisation de molécules en trois dimensions à partir de fichiers au format .pdb librement téléchargeables sur l’internet. Les ressources en ce domaine sont d’une taille impressionnante et d’un intérêt certain pour la biologie, la physique et la chimie. Notre logiciel s’appelle Rasmol et ne fonctionnait originellement qu’en 256 couleurs, ce qui imposait une procédure peu élégante de redémarrage de l’interface graphique. M. Guislain Picard, enseignant la physique - chimie au lycée français de Berlin, a modifié pour nous les sources de Rasmol qui fonctionne maintenant en 65000 couleurs. Cet accès aux sources des logiciels constitue l’intérêt majeur du logiciel libre, c’en est d’ailleurs la définition, et est même bien plus important que la gratuité qui n’en est qu’une conséquence possible. M. Picard est également auteur de trois logiciels libres pour des travaux pratiques de physique et chimie : Mek, Xem et Lum.

D’autre part, la spontanéité et la qualité de l’aide qu’il est possible de trouver sur l’ Internet est impressionnante dès qu’on se trouve sur le terrain du libre".

Tous les logiciels du présent site sont-ils sous licence GPL ?

Un logiciel libre n’est pas nécessairement sous licence GPL, selon la Free Software Foundation elle même. Ainsi, des logiciels comme Scilab ou Amaya sont libres, offrent les trois niveaux de liberté mentionnés ci dessus, mais ne sont pas sous licence GPL. Nous avons choisi de toujours préférer un logiciel libre à un concurrent propriétaire, fut-il gratuit, pour éviter une telle concurrence. D’autre part, ce qui est gratuit aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain, lorsque l’usage en sera répandu et les utilisateurs accoutumés à un produit.

A ce principe, il subsiste une exception : Xephem est certainement le meilleur logiciel d’astronomie existant, tous systèmes d’exploitation confondus. Son code source est disponible, mais l’auteur demande à être contacté pour toute diffusion d’une version modifiée.

La présente recension logicielle s’effectuant à l’intérieur de l’ accord-cadre entre le Ministère de l’Éducation Nationale et l’AFUL, qui prévoit le double amorçage des stations et donc le déploiement d’un environnement libre au sein de systèmes d’exploitation propriétaires, et dans la mesure où aucune politique n’existe au sein de l’Éducation Nationale visant à promouvoir le libre à l’exclusion d’autre chose, nous avons choisi de maintenir ce logiciel non libre, réputé pour sa qualité, dans cette sélection.

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