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Star Draw

mercredi 9 janvier 2008, par Yves Potin

- Auteur : Sun Microsystems

NOTE : Cette documentation concerne Star Office 5.2 mais demeure largement compatible avec les fonctionnalités d’Open Office.org.

Usages pédagogiques :

Le dessin vectoriel en informatique est une discipline à la fois laborieuse et génératrice de grandes satisfactions. Une pratique soutenue permet d’atteindre un grand réalisme, avec une souplesse dans l’exécution, subordonnée évidemment à une bonne connaissance des outils, que les logiciels bitmap (retouches et créations) n’autorisent pas toujours. Ainsi, beaucoup de publicitaires réalisent-ils leurs travaux avec Illustrator, Freehand ou Artstream, parce que ceux-ci sont des outils de créations à partir de rien alors que PhotoShop ou Gimp sont des outils de re-cr%éation à partir d’un support, photographie ou illustration numérisée.

On serait tenté de dire qu’un programme de dessin vectoriel est un outil pour créatifs véritables, mais c’est évidemment subjectif.

1 Que sont Star Draw et le dessin vectoriel ?

Il s’agit du module de dessin vectoriel, à ne pas confondre avec le module Image qui est destiné à la retouche bitmap, intégré dans la suite bureautique Star Office. Le qualificatif « bureautique » appliqué à la suite en question fait référence au traitement de textes et au tableur ; c’est un fait acquis et tellement bien ancré dans les mentalités qu’on en oublie l’existence des autres modules dont les performances, en ce qui concerne Star Draw, sont extraordinaires.

La particularité du dessin vectoriel tient en ceci : ce que l’on voit à l’écran, courbe, segment, forme close... sont des entités (on dit aussi : des objets) connues du système non sous forme de points colorés occupant des surfaces élémentaires (pixels) dans une grille qui constitue l’écran de l’ordinateur -ce qui serait le cas pour une image bitmap- mais sous forme d’équations mathématiques. Les objets sont donc la représentation de ces équations : segment, cercle, courbes de B%ézier... ; leur position à l’écran dépend d’un systéme de coordonnées X et Y, et leur aspect est fonction d’attributs secondaires comme la couleur, l’opacité et l’épaisseur.

La caractéristique la plus représentative d’un dessin vectoriel est la constance de sa qualité qui est indépendante du facteur d’échelle. Que le dessin soit agrandi au format A0 ou réduit à un timbre poste, aucun des éléments le constituant ne sera perdu ou dégradé. A l’impression comme à l’affichage sur écran, le dessin sera toujours net et sans bavure. Le fichier d’enregistrement aura la même taille en octets quel que soit, encore une fois, le facteur d’échelle appliqué au dessin. Ce qui n’est pas du tout le cas d’une image bitmap, dont le poids dépend du nombre de pixels la composant (du nombre de couleurs aussi), donc de sa taille d’affichage à l’écran en echelle 1.

On comprend pourquoi les publicitaires privilégient ce mode de création : leurs travaux doivent pouvoir être imprimés en affiches aussi bien qu’en pages de journaux sans aucune dégradation.

Ci-dessous, une illustration vectorielle de Pavel Stovicek, réalisée avec Sketch, montrant la dimension artistique obtenue. Star Draw permet également cela.

2 Que permet Star Draw ?

Ce programme est original à plus d’un titre. Il permet de réaliser tout ce permettent les programmes du même genre, plus une quantité de choses originales ignorées par les autres. Ses fonctionnalités sont d’une telle étendue qu’il faudrait y consacrer un ouvrage spécifique pour les décrire toutes. Aussi, se contentera-t-on de présenter ici ce qu’il contient de particulier, à charge pour l’utilisateur de s’y investir de longues heures durant pour en faire le tour.

Citons en vrac :

  • Dessins à partir de segments, de polylignes, de courbes de Bézier, de polygones, d’ellipses, de cercles, de secteurs, de formes à main levée, vides ou pleines.
  • Remplissage des formes par aplats, dégradés, hachures et motifs bitmap.
  • Application de transparences proportionnelles ou en dégradé (très rare !).
  • Épaisseurs variables des tracés, types multiples, couleurs...
  • Croquis techniques précis avec insertion d’une cotation élémentaire.
  • Organigrammes avec symboles normalisés reliés par des connecteurs dynamiques (déplacer un symbôle entraine le connecteur sans perte des points de connexion).
  • Insertion de texte à l’intérieur de formes quelconques.
  • Utilisation de cliparts aux formats vectoriels classiques WMF, CGM...
  • Manipulation de blocs de texte avec les outils de traitement habituels : justification, corps, chasse, interligne, blocs positionnables en n’importe quel endroit de la page...
  • Création d’objets 3D à partir de primitives ou de profils pivotés ou extrudés.
  • Texte 3D.
  • Vectorisation d’images bitmap.
  • Conversion 3D par extrusion de n’importe quelle image plane.
  • Rendu OpenGL en temps réels des objets 3D, avec effets d’éclairage, ombrage et texturage.
  • Document multipage, asservi à une page-maître si besoin.

Et la liste n’est pas exhaustive, loin de là.

Logo pour ScienTux.org créé avec Star Draw. L’effet de lumière est réalisé avec The Gimp

3 Comment démarrer ?

Il y a plusieurs façons de lancer Star Draw. Le plus simple est, après démarrage de Star Office 5.2 ,de sélectionner l’index « Un clic et c’est parti » dans la partie gauche de l’écran et d’ouvrir « Dessin » par un double clic. On supposera quand même que l’interface de Star Office est connue de l’utilisateur, de même que les résultats d’une action sur une icône des différents menus

Par défaut, une page au format A4 (cela dépend des paramétrages généraux) est placée dans le module de dessin. Les outils sont regroupés à gauche de la fenêtre en des icônes qui sont en fait des menus. Lorsqu’on garde quelques instants le pointeur sur une icône tout en maintenant appuyé le bouton gauche de la souris, le menu s’ouvre. Il suffit de le déplacer en le tirant par son bandeau et de le déposer sur la plage de travail pour l’y fixer. On dispose alors de ce qu’il est convenu d’appeler une palette flottante.

Palettes flottantes obtenues en détachant une partie des menus outils

Il a été dit plus haut que les documents peuvent contenir plusieurs pages. Celles-ci se gèrent d’un clic droit sur l’onglet Page1, en bas de l’écran. Un clic droit produit dans Star Draw l’ouverture d’un menu contextuel, c’est à dire d’un menu adapté aux circonstances. C’est une notion à garder présente à l’esprit.

Les autres boutons près des onglets Page permettent la gestion des calques et de la page-maître.

4 Croquis techniques

Star Draw est un outil d’illustration, pas un programme de dessin technique. Cependant, il autorise la réalisation de dessins précis et dimensionnés. Cela suppose que l’on s’appuie sur la grille d’une part et d’autre part que la cotation devra s’effectuer en activant l’aimantation aux points de l’objet. Bien évidemment, l’outil de tracé à sélectionner sera l’outil de cotation , tel qu’il apparaît dans la palette flottante ci-dessous

Croquis coté

5 Les textes

L’outil Texte permet de créer... des blocs de texte.

Dès que le texte est défini en taille et en police, et que l’on est sorti de l’édition, un clic droit à l’intérieur du cadre de texte sélectionné ouvre un menu contextuel. Parmi les fonctions offertes, on peut choisir Fontwork. De nouvelles fonctions apparaissent alors, autorisant une multitude d’effets pour, par exemple, la réalisation de titres fantaisistes.

Boîte de dialogue de Fontwork

Mais ce n’est pas tout : le texte peut être converti en courbes. Il n’est plus alors considéré comme du texte par le système, mais comme des entités de dessin à part entière, susceptibles de recevoir les mêmes traitements que n’importe quelle autre entité. Chaque caractère de la chaîne de texte peut être manipulé indépendemment des autres.

Et il y a encore mieux. Toujours dans le menu contextuel, on accède à la fonction Convertir en 3D. Par son emploi, le texte est transformé en profil vectoriel que le système va extruder et affecter d’un rendu de Gouraud de la couleur du tracé. Si la couleur, l’éclairage ou le rendu ne conviennent pas, ils peuvent être modifiés par l’intermédiaire du menu effets 3D.

Texte transformé en objet volumique

Le texte est devenu un véritable objet volumique que l’on manipule dans l’espace par ses poignées ; il est tout à fait possible de le voir derrière, dessus, dessous, de trois-quart... de plaquer une texture, d’ajouter des éclairages paramétrables en position et couleur, d’ajouter des ombres gérées par le système, d’opter pour un rendu phong....

Boîte de dialogue des effets 3D

6 Les objets 3D

Un objet 3D, c’est un modèle volumique construit à partir de primitives (des volumes simples) combinées : Star Draw dispose de 8 primitives pour cela, mais qui ne peuvent se combiner selon les opérations booléennes de la CSG, comme sur un vrai logiciel de 3D. Toutefois, il sait utiliser les tracés 2D soit pour les extruder, soit pour les convertir en corps de révolution.

Les images bitmap peuvent être vectorisées et donc transformées en volumes par extrusion.

Ci-dessous, le Tuxy bleu, en haut et à gauche, est dessiné dans Star Draw, puis extrudé et texturé différemment. On remarquera que ce dessin de base est rempli par des aplats. La matière du volume, de part ses effets de dégradés de couleur ou par les textures bitmap plaquées, se chargent de générer l’illusion des formes en relief.

Sans application de couleurs dégradées ou de textures, le Tuxy volumique a l’aspect des figurines situées en haut de l’image

Le dernier Tuxy, en bas et à droite de l’image n’est pas, lui, volumique. Il s’agit d’une dessin 2D, traité d’une manière réaliste par l’utilisation des dégradés de couleur créant l’illusion du volume.

Cette dernière illustration résume tout l’art du dessin vectoriel : quelques courbes de Bézier, des couleurs non uniformes et le tour est joué.

7 Cliparts et dégradés de transparence

Il a également été dit que StarDraw savait lire et importer des cliparts (petits dessins). Cette particularité permet de composer très rapidement des images. L’illustration suivante est constituée de deux cliparts, un rectangle plein dégradé transparent pour figurer le brouillard, deux cercles pleins jaunes dégradés transparents... 10 minutes d’un travail décrit dans un didacticiel disponible sur linuxgraphic.org permettent d’obtenir ce résultat.

Cliparts, dégradés de transparence... C’est tout

Star Draw sait aussi importer des images bitmap, comme des captures d’écran. Associer cette possibilité à la faculté de manipuler des blocs de textes combinés aux images dans une même page, cela s’appelle de la PAO.

Tous mes cours sont réalisés de la sorte.

Composition de page

8 Conclusion et documentation

Star Office est multi-plateforme. De ce fait, il reconnaît, importe et exporte une grande variété de formats. Le module de dessin aussi. L’utiliser est gage d’ouverture, puisque les travaux pourront être échangés avec des utilisateurs de systèmes et de programmes différents, mais compatibles. La richesse de Star Draw nécessite qu’une documentation vienne en appui de sa prise en main : elle existe, en français, à l’intérieur même de Star Office.

Pour tout contact, ne pas hésiter à envoyer un courrier à André Pascual andre@linuxgraphic.org

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