Logiciels libres et enseignement

Favoriser l’usage de logiciels libres et de formats ouverts

- Auteur : Blender Fondation

  • Licence : GPL (Septembre 2002) : Plus d’informations à ce sujet en suivant ce lien.
  • Langue : Anglais
  • Environnement requis : Linux, Windows, Mac Os, FreeBSD, Solaris, Irix avec Mesa3D, carte OpenGL avec pilote matériel conseillé
  • Site web : http://www.blender.org/
  • Site documentaire, tutoriaux, etc : Blender Cafe
  • Version testée : 2.04

Usages pédagogiques

Une utilisation des plus fascinantes de l’outil informatique est certainement l’imagerie de synthèse en trois dimensions. Celle-ci envahit la publicité télévisuelle et le cinéma d’aujourd’hui. Linux est présent sur ce créneau avec des produits professionnels comme Maya et Houdini. Mais s’il n’appartient pas à tout le monde de posséder et d’employer de tels programmes, il est à la portée de tous de s’initier à l’imagerie de synthèse volumique grâce à des produits plus abordables tant du point de vue prise en main que pécuniaire. C’est le cas de Blender, qui est gratuit et performant pour la réalisation d’images fixes comme d’animations. Un programme d’origine Hollandaise

L’histoire de Blender est un peu originale. Au départ, Neo-geo, une petite société hollandaise de contenus multimédias, avait besoin d’un outil simple de modélisation et de rendu en 3D. Elle décida alors de le développer en interne sur station Sgi et c’est ainsi que Blender naquit. Son développeur principal, Toon Roosendal, s’est donc concentré sur les fonctions du logiciel en sacrifiant un peu l’interface graphique, mais cela n’était pas vraiment important car il s’agissait d’un outil interne. Comme l’interface de Blender, entièrement en OpenGL, était facilement portable, Neo-geo l’a rapidement portée sous Free BSD et Linux puis mis gratuitement à disposition de toute la communauté. L’engouement pour ce produit fut assez rapide et une communauté d’utilisateurs se mit rapidement en place, donnant ainsi à Blender une dimension que ses créateurs n’avaient pas imaginée.

La mise sous licence GPL de son code source au dernier trimestre 2002 ne manquera pas de dynamiser encore davantage le développement de ce logiciel. A suivre de très près.

Fonctions de modélisations, d’animation et même de « compositing »

%0 %0 Blender est ce que l’on appelle une suite logicielle, c’est-à-dire qu’il comprend un modeleur 3D, un module d’animations, un moteur de rendu et aussi un module de compositing vidéo. Même si c’est un graticiel, Blender étonne toujours par ses nombreuses possibilités que l’on ne retrouve que sur des logiciels commerciaux qui coûtent plusieurs milliers d’Euros. Le modeleur offre des fonctions Nurbs, la modélisation par « métaballs », et tous les outils classiques comme l’extrusion, la déformation polygonale et l’édition proportionnelle . En plus, nous avons droit à des outils plus avancés comme les boîtes de déformation, des outils surfaciques comme les subdivisions de surface (S-meshes) et le support complet des courbes de Béziers. L’ensemble des outils de modélisation couvre la majorité des besoins les plus courants, on pourra regretter l’absence de générateur de branches fractales et autres petits plus que détiennent les ténors du marché. Qu’à cela ne tienne, outre la possibilité de pouvoir développer des plugins externes, Blender a la possiblité d’être scripté avec le langage Python, et tout devient désormais possible. On trouve déjà des scripts pour générer des peaux sur des objets, faire des animations de ressort, créer des visages, etc...

L’animation n’est pas en reste, puisque Blender dispose d’un puissant éditeur pour contrôler avec précision chaque déplacement d’objets. Dans les fonctions avancées, nous trouverons le support complet de la cinématique inverse et la gestion des systèmes de particules.

L’éditeur de matériaux n’est pas oublié avec la possibilité d’empiler huit couches différentes de matériaux et la possibilité d’utiliser des textures animées.

Le rendu est peut-être le seul point faible de Blender. En effet, la priorité avait été donnée à l’obtention d’un rendu simple mais rapide pour pouvoir générer des animations. Le moteur de rendu utilise donc un simple mode scanline, nous sommes loin de la qualité générée par des moteurs comme Mental Ray, Renderman ou BMRT qui sont des raytraceurs avec radiosité. Néanmoins, avec un peu d’astuce, Blender peut générer des images qui offrent un aspect de rendu bien particulier et agréable à l’oeil. Blender dispose aussi d’un petit outil de radiosité mais sa mise en oeuvre est complexe et inadaptée aux rendus animés. Peut-être qu’à l’avenir, Blender verra son moteur de rendu évoluer ou s’interfacer avec un moteur existant comme BMRT. Cette dernière hypothèse lui ouvrirait les portes de la compatibilité avec Renderman, très souvent utilisé dans la réalisation cinématographique.

Le module de « compositing » permet d’intégrer facilement les séquences animées avec des « rushes » vidéos et de faire quelques transitions. Evidemment, nous sommes très loin de ce que peuvent faire des logiciels comme « Flame » ou « Shake », mais ce petit module peut déjà rendre des services simples sur une plateforme (Linux) où seul le logiciel Shake est actuellement disponible au prix de 10.000 $ US.

La pérennité d’un projet libre

La société NaN ayant fait faillite, le code source du logiciel a été racheté en faisant appel à la générosité des internautes. Blender est maintenant un projet libre et activement développé.

Conclusion

Beaucoup de débutants reprochent à Blender une interface trop particulière et en Anglais, pourtant, une fois que l’on a pris un peu la main, cette conception d’interface se révèle d’une redoutable efficacité. Dans le cadre d’un travail en milieu scolaire, ce programme est parfaitement utilisable même avec son interface en Anglais car tout se fait par des raccourcis claviers. Il faut toutefois à veiller à parfaitement cadrer son apprentissage qui est un peu long et qui demande de nombreuses heures. Une fois passé ce cap%2, Blender peut se réveler un formidable ouitl pédagogique car il couvre tous les concepts de base en imagerie 3D : modélisation Nurbs, animation en cinématique inverse et les bases du compositing.

Linuxgraphic.org accueille un site complet en Français et en Anglais dédié à ce logiciel : Blender Cafe, vous y trouverez une documentation de base pour démarrer et des didacticiels sur des fonctions plus avancées.

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