Logiciels libres et enseignement

Favoriser l’usage de logiciels libres et de formats ouverts

Wordtrans

mercredi 7 avril 2004, par Yves Potin

- Auteur : Ricardo Villalba

Usages pédagogiques

Tous usages de dictionnaires bilingues, dès l’école primaire au vu de la simplicité d’usage de ce logiciel une fois installé. Wordtrans n’est pas un dictionnaire bilingue, mais une interface pour les consulter, et un grand nombre d’entre eux sont librement disponibles sur Internet.

Wordtrans permet d’automatiser la traduction de mots inconnus : il suffit de double cliquer sur un mot pour qu’une fenêtre s’ouvre, contenant sa traduction (voire ci après, section « options intéressantes »).

Remarques concernant l’installation

La compilation de Wordtrans à partir du code source n’est pas triviale, essayez de vous procurer un package précompilé s’il n’est pas intégré à votre distribution.

Pour Debian, ajoutez ceci dans votre fichier /etc/apt/sources.list : deb http://www.escomposlinux.org/rvm/wordtrans/ woody main console dictionaries

Puis installez avec les commandes :

apt-get update

apt-get install wordtrans-qt

Si vous choisissez tout de même la compilation manuelle, la documentation fournie avec les sources explique clairement, en anglais et en espagnol, comment procéder. Il faut notemment désactiver le support de l’Hébreu (sauf si vous en avez besoin :-) ), qui nécessite des librairies supplémentaires. Les sgml-tools sont requis pour la compilation, en particulier la commande sgml2html. Make all pour compiler, make all_kde pour compiler avec l’interface KDE. Consulter cette page pour l’installation de logiciels sous GNU/linux.

L’installation effectuée, copiez ce fichier dans le répertoire /usr/share/doc/wordtrans-data (il s’agit de la page d’accueil du logiciel en Francais, une connexion internet active est requise pour le trouver).

Choisir et installer des dictionnaires

Il vous faut maintenant des dictionnaires, la page précédente mentionne trois sources possibles :

De très nombreuses langues sont supportées, et des dictionnaires au format Babylon sont présents. Ces fichiers sont au format .exe, il s’agit de fichiers zippés auto extractibles sous MS-Windows qu’on décompressera sous Unix avec la commande unzip eng-fra.exe (par exemple). Les fichiers seront présents dans le sous répertoire babylon, mais des fichiers textes sont présents dans le répertoire plain. Le contenu de ces dictionnaires est très riche et semble convenir à des besoins linguistiques avancés.

  • Il est encore possible d’utiliser les serveurs dictd disponibles sur Internet, ce qui suppose l’installation d’un complément logiciel ; la documentation fournie (en français) est très claire à ce sujet (menu Aide, contenu, 8° entrée).
  • Enfin, les dictionnaires fournis avec le logiciel propriétaire Babylon translator sont utilisables, ils peuvent être gratuitement téléchargés en suivant ce lien. Notons toutefois que ces données sont strictement propriétaires même s’il semble qu’elles puissent être utilisées gratuitement sans contrainte de license. Ce sont des fichiers zippés qui s’utilisent comme les dictionnaires de Kquick ci dessus. Ces données sont de niveau professionnel.

Pour installer un dictionnaire : Copiez tout simplement le fichier que vous venez de décompresser dans le repertoire /usr/share/wordtrans pour le rendre disponible à tous les utilisateurs, ou dans le fichier .wordtrans à la racine de votre repertoire personnel s’il n’y a que vous pour l’utiliser ou si vous n’avez pas les droits root.

Il est également possible d’utiliser un dictionnaire situé dans le repertoire où il vient d’être décompressé, mais cette solution est très peu élégante.

Utiliser Wordtrans

Le logiciel se lance avec la commande qwordtrans ou kwordtrans (avec le support de KDE). Une interface graphique très intuitive est disponible, il suffit de taper un mot et d’appuyer sur Entrée pour obtenir sa traduction :

Cependant, il est nécessaire, pour tout nouveau dictionnaire, de l’ajouter avec Dictionaire > Nouveau. Il faut préciser le format du dictionnaire (texte, babylon ou dict), puis d’indiquer le chemin du fichier qui a été installé. Les drapeaux des pays sont disponibles dans le repertoire /usr/share/wordtrans/flags (à partir de l’icone du livre portant un point d’interrogation). N’oubliez pas de donner un nom à ce dictionnaire (case Alias) et de renseigner la ligne Personnel (qui vous permet de rajouter des mots au moyen de l’icone « Apprendre » dans la fenêtre principale du logiciel). Validez, choisissez votre dictionnaire dans le menu qui porte ce nom et il est disponible.

L’usage de caractères non anglophones, comme les accents de la langue française mais aussi les alphabets cyrilliques, grecs, hebreux, etc.. est tout à fait possible en cochant la case « codage UTF 8 », qui fait passer Wordtrans en Unicode. Cette option est accessible à la création d’un nouveau dictionnaire, ou par Dictionnaires > Éditer pour le dictionnaire actif.

Options intéressantes

Pour les dictionnaires en mode texte, le menu Option > Voir > Mots entiers permet de n’afficher que les mots correspondant exactement à une requête, et non les mots contenant la requête, ce qui est très confortable.

L’option la plus intéressante de Wordtrans s’appelle « Regarder dans le tampon », accessible depuis le menu « Préférences ». Ce tampon contient la selection de X Window, déterminée en surlignant un mot avec la souris ou en double cliquant dessus. Wordtrans en cherchera alors automatiquement la traduction. Le délai par défaut, paramétrable, est d’une seconde.

Dans ce mode, Wordtrans cherchera à fonctionnner en s’iconifiant, c’est à dire en passant en tache de fond dans la barre des taches de gnome ou de KDE. Dès qu’il pourra traduire un mot qui apparait dans le tampon, et il suffit de double cliquer sur ce mot, une fenêtre s’ouvrira pour en proposer la traduction. Si l’utilisateur affiche Wordtrans sur l’écran en le sortant de la barre de tâches, alors il sera possible de lire un texte dans une langue étrangère, dans n’importe quelle application (courriel, web, fichier PDF, texte brut, etc etc), de double cliquer sur un mot inconnnu et de voir s’afficher sa traduction dans la fenetre de wordtrans si l’on préfère ne pas voir s’ouvrir automatiquement une nouvelle fenêtre.

Conclusion : des données libres ?

Si Wordtrans est un logiciel libre permettant de consulter des formats standards de dictionnaires, il n’en reste pas moins que de telles données ne sont pas forcément libres. Un tel état de fait est profondément regrettable, dans la mesure ou Internet, qui repose sur des protocoles libres, ouverts, publics et documentés, est là pour faire communiquer la Terre entière, ce qui implique pour le commun des mortels le recours à un moment ou un autre à un dictionnaire.

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